Accueil > Journal de bord du 7 au 30 juin 09
   
 

 

   
   

Dimanche 7 juin 09 – 314 km – Destination atteinte : France - Belfort

Départ maison à 14h00 passé. Arrivée Belfort à 20h00. Pique nique à Macon. Vitesse de croisière 80 km/h…

1ère étape, 1ère casse : 1 phare arrière cassé en reculant pour se serrer contre le mur d’un parking pour gagner 5 cm…le mieux est l’ennemi du bien.

Bivouac dans la vieille ville, sous le lion adossé à la colline de la citadelle. Pas aimé…Comment jeter ses déchets végétaux ? Des voitures vont et viennent sur ce petit parking de l’école du quartier. Demain, nous aurons droit au défilé de parents et enfants. Rien ne vaut la campagne, on ne nous y reprendra pas

Pas facile de trouver ses marques à 4 dans 8m². Didier cherche « la place pour chaque objet et chaque objet à sa place ». Je me plonge tête baissée dans mon PC…

Petite balade sympa autour de la citadelle.

 

Lundi 8 juin 09 – 342 km – Destination atteinte : Allemagne entre Heilbronn et Bayreuth

Journée passée en grande partie au Carrefour de Mulhouse afin de finaliser en France les derniers achats pour le bon déroulement de notre périple. Didier tient à acheter des caissettes pour l’agencement des placards de la cellule… « chaque objet à sa place et chaque place a un objet », si ce n’est qu’ici il a 8m² (et une multitude de rangements) à agencer alors qu’au cours de nos rando à cheval, il gère le rangement du matériel dans 8 sacoches et 4 troussequins. Ici comme à cheval, tout est pesé (par chance, la balance pesait trop lourd et nous n’avons pas pu l’emmener) et positionné de façon cohérente pour la bonne répartition des charges (le moins de poids à l’arrière, et une répartition gauche/droite équivalente).

Le même raisonnement est suivi pour nos courses : soupe déshydratée et lessive en poudre moins lourds que leur équivalents liquides… (Dommage, je n’ai pas accès à mon PC pour me plonger dedans…)

Réparation du phare cassé avant le passage de la frontière pour nous retrouver en Allemagne.

Je m’entraîne un peu à la maîtrise du GPS. Ce soir, il faut que je calcule quelques points GPS jusqu’en Ukraine et tente de suivre cet itinéraire…Didier regrette de ne pas avoir pris la boussole. Il réalise à quel point nous partons à l’aventure (d’autant qu’il connaît mon sens aigu de l’orientation).

Nuit à l’extérieur de l’autoroute, à la sortie d’un petit village.

Didier révise l’itinéraire jusqu’en Ukraine et décide de passer par la République Tchèque afin de visiter Prague (nous ne suivrons donc pas la seule partie de l’itinéraire précis que nous avions avant le départ). Bon, je vais calculer mes points GPS pour demain.

 

Mardi 9 juin 09 – 417 km – Destination atteinte : République Tchèque – Prague

Arrivée vers 16h30. Peu de véhicules au centre ville : nous nous garons sans Pb.

Visite d’une partie de la vieille ville : pont Charles, château de Prague, églises St Nicolas et Notre dame de Lorette. Ville où il semble faire bon vivre.

Nous reprenons notre véhicule pour passer la nuit « à la campagne ».

 

Mercredi 10 juin – 349 km – Destination atteinte : Pologne – entre Olesnika et Wieun

Nous basculons en Pologne en empruntant une route sinueuse à travers le parc naturel de Krokonose. Il s’agit d’une zone montagneuse parsemée de petits villages avec des maisons en bois, d’où partent des chemins pédestres et pistes de ski de fond/nordique.

En Pologne, nous perdons encore du temps à chercher des fusibles pour le convertisseur qui a grillé, sans succès. Nous terminons à Carrefour et investissons dans un nouveau convertisseur fonctionnant sur l’allume-cigare.

 

La conduite des locaux est assez sportive et Didier doit régulièrement freiner pour permettre aux véhicules venant d’en face et en-cours de dépassement de se rabattre (et éviter ainsi de nous percuter !!).

Il est à noter que j’ai fait de gros progrès avec le GPS : je suis maintenant capable de calculer des points GPS à partir d’une carte et de les renseigner sur les GPS pour former un itinéraire. J’ai également modifié certains paramètres du GPS (visualisation de l’altitude plutôt que de la pression…). Je progresse et je devrais être à peu près au point d’ici la Mongolie !! Didier reprend confiance dans mes capacités de navigatrice car j’ai pu lui prouver à quelques reprises ma maîtrise de l’appareil.

Demain, nous allons tenter notre plus longue étape depuis notre départ : environ 500 km pour rejoindre le domicile de Jeannot. Nous n’avons pas le choix car Didier l’a appelé ce soir pour lui annoncer notre arrivée. Cela va nous mettre la pression et il va falloir décoller tôt demain…il faut dire que je ne suis guère matinale et que les enfants dorment également très bien. Nous partageons le lit commun à 4 (en dormant dans le sens destiné à la largeur et tête-bêche pour gagner de la place au niveau des épaules), ce qui nous évite de transformer la dînette en lit d’appoint tous les soirs. Didier a dû faire une adaptation pour éviter que nous ayons la tête/les pieds dans le vide. Les coussins des banquettes sont superposés sur la banquette attenante au couchage pour rallonger notre lit sur la partie centrale (nous dormons au centre) et être de niveau (je vais mettre des photos dans l’album).

 

Jeudi 11 juin – 504 km – Destination atteinte : Ukraine – Ljuboml’

Nous découvrons qu’il s’agit d’un jour férié en Pologne et comprenons mieux la circulation difficile que nous avons rencontrée la veille. Nous avons été confrontés à des ralentissements sur la route jusqu’à plus de 20h00 (routiers tentant de rejoindre leur destination avant le lendemain, locaux partant en WE ?).

Nous sommes donc ralentis par des processions qui se déroulent dans chaque village dès le matin 9h00 (et malheureusement, chaque village a un horaire différent). Danseuses habillées en costumes folkloriques, porteurs de reliques et drapeaux, prêtre puis jeunes communiants vêtus de blanc, suivi par les habitants du village défilent dans la rue principale. Des pétales de fleurs fraîches jonchent le sol. La circulation est stoppée pendant chaque procession.

Le long des routes, toutes les croix sont décorées de fleurs et de rubans multicolores. Cela me fait penser aux décorations des conscrits dans les villages du Beaujolais.

Passage de la frontière Pologne-Ukraine vers 18h00, sans complication. On nous demande de renseigner le nom et adresse de la personne nous recevant (en l’occurrence Jeannot). Le problème est que nous avons ces informations en alphabet cyrillique (et non en latin). Je m’exerce donc à cette écriture car le douanier n’est pas coopérant et ne souhaite pas que j’appose mon étiquette autocollante avec ces informations sur son formulaire. Devant les questions des douaniers, Didier sort la seule phrase ukrainienne de son vocabulaire « Doma françouse Louboumel », phrase qui devait nous permettre de répondre à toutes les questions des ukrainiens ! J’étais sceptique…Finalement, on nous dépêche une douanière ukrainienne parlant français pour nous interroger sur le but de notre séjour. Elle semble bien connaître Jeannot et donne la directive de tamponner notre passeport (c’est ce que nous pensons comprendre).

Jeannot habite à 20 km de la frontière. Nous atteignons la petite ville mais ne trouvons pas la maison. De nouveau la phrase fétiche «Doma françouse Louboumel » accompagnée de l’adresse en cyrillique. Nous suivons un véhicule qui nous conduit chez Jeannot. La route, ou plutôt le chemin (car non goudronné) n’est que trous et bosses, inondé par une pluie récente … je sens Didier inquiet… on passe. Dire que nous pensions trouver ce type de chemin beaucoup plus loin dans notre périple, en Russie voire en Mongolie.

 

Vendredi 12 juin – Séjour chez Jeannot - Ukraine – visite Luc’k

Petit déjeuner copieux…il s’agit en réalité d’un vrai repas (salade, charcuterie, macaronis au gratin, poissons fumés) accompagné d’un café ou thé (+ vodka pour les adeptes).

Ensuite, départ avec Jeannot pour la ville voisine, Luc’k, située à 100 km. La conduite de Jeannot est pire que celle des polonais ou ukrainiens… nous « serrons les fesses » à chacun de ses dépassements  il parait qu’il est courant de se croiser à 3 véhicules de front…la ligne blanche ne le dissuade pas, ni les miliciens qui se laissent apparemment facilement corrompre.

Nous passons la matinée au bazar, qui est un ensemble de petites échoppes très spécialisées: vente paquets de cafés de toutes marques, de paquets de thés, meubles, carrelage, fleurs en plastiques, pièces automobiles (toute les pièces mécaniques sont reconditionnées et les accessoires détaillés au plus petit composant comme la partie plastique souple du balais d’essuie glace), téléphones portables (beaucoup d’occasion), sacs en plastique…L’alimentaire est situé dans des halls bien distincts par produits (boucherie, fromages, légumes…).

Un château médiéval surplombe la ville (j’ai supprimé les photos du château en tentant de comprendre le fonctionnement de mon appareil photos !!).

Les Chevaux et vaches sont à l’attache aux bords des routes (pas de prairies clôturées). Pour les troupeaux conséquents, un vacher se déplace avec les bêtes à la recherche d’herbe fraiche (qui ne manque pas). Le soir, chacun rentre avec sa vache à la maison.

Nous voyons également beaucoup de cigognes (rien à voir avec l’Alsace où je n’en ai jamais vu personnellement…) qui se posent au milieu des jardins et des rues. Leurs nids surplombent les poteaux où les cigogneaux attendent.

 

Samedi 13 juin - Séjour chez Jeannot - Ukraine – Ljuboml’ (+1h)

Visite du bazar de la petite ville de Ljuboml’. Ici, on goûte le lait frais avant de l’acheter : les fermières en versent quelques gouttes dans le bouchon avant de nous proposer de le boire.

Il pleut des cordes depuis des heures…le temps est assez déprimant alors que la météo française annonce des températures supérieures à 30°C…

Jeannot nous fait visiter sa maison construite de ses mains. Lorsque je m’enquiers du système d’approvisionnement d’eau et de son assainissement, je découvre que nous buvons l’eau du puit (creusé à 5 m) et qu’il n’y a pas de tout à l’égout, ni de fosse sceptique…les eaux usées repartent dans le terrain, tout comme celles des autres habitations de la rue. Les enfants en boivent depuis 2 jours sans être malades, et nous buvons principalement du vin, donc pas de raison de s’inquiéter (comme dit Jeannot, nous en buvons depuis des années sans être malades).

 

Dimanche 14 juin - Séjour chez Jeannot - Ukraine – Ljuboml’

Didier se réveille en pleine nuit avec de très fortes douleurs aux intestins…la tourista sévit déjà à 2000 km de la maison. Je constate donc bien une vraie fragilité de sa part sur ce terrain (alors que les enfants vont bien). Il a bu un thé la veille…

N’ayant pas eu le temps de passer chez le coiffeur avant de quitter la maison, nous souhaitions rafraîchir notre coupe et adopter un style en adéquation avec notre nouveau mode de vie (lavage du corps et cheveux avec 1,5 l d’eau). Une coiffeuse à domicile passe chez Jeannot ce dimanche matin. Coupes réussies pour Didier et moi-même… mais je n’ai pas réussi à me faire comprendre pour Yzeult qui se voit coiffée « à la Jeanne d’Arc ». Son visage se décompose au fur et à mesure que ses cheveux jonchent le sol…il est trop tard pour récupérer la situation. C’est un mini drame. Elle se console en pensant que dans 4 mois elle aura les cheveux longs « comme Mathilde ».

Fin d’après midi, le soleil revient enfin. Nous repartons demain pour Kiev, et espérons passer la frontière russe mardi 16 juin.

 

Lundi 15 juin - 640 km – Destination atteinte : Ukraine – 90 km au-delà de Kiev

Nous faisons le plein d’essence dans une station flambant neuve. Au moment de payer avec la CB, les employés ne savent pas dans quel sens insérer la carte…le terminal de paiement est neuf et inutilisé.

Nous roulons à vive allure (90 km/h !) sur une route secondaire où un panneau (rond blanc cerné de rouge) semble nous indiquer de changer de chemin. D’autres automobilistes continuent sur cette route, et nous faisons de même. Quelques kilomètres plus loin, des policiers nous arrêtent pour excès de vitesse. La vitesse était limitée à 50 km/h (pour cause de travaux que nous n’avons pas vraiment pu constater) et nous avons été flashé à 87 km/h. Le policier nous montre la lunette avec notre vitesse inscrite. Il nous inscrit « 50 » et nous pensons que le bakchich souhaité est de 50 grivnas (5€). Cette somme nous semblant correcte, Didier sort ses billets de sa poche, mais le policier lui demande de le suivre. Il rejoint un autre policier posté dans une voiture à gyrophare. Pendant ce temps, une voiture Biélorusse se fait arrêter pour excès de vitesse également. Ses occupants attendent « leur tour » sur le côté de la route, puis le conducteur s’éloigne avec le policier et lui remet 50 grivnas. Je m’approche donc de lui pour réitérer ma proposition de bakchich, qu’il refuse. Je lui fais comprendre que c’est de la discrimination. Je décide donc de prendre en photo la voiture de police avec la plaque (technique de Jeannot qui a toujours son appareil en poche). Le policier s’énerve et me montre son arme. Je lui rétorque « tourist – private propriety » : rien ne m’interdit de prendre la police locale en photo, non ? Le 2nd policier demande à Didier de signer des formulaires qui ne comportent aucun double. Didier demande donc son exemplaire. En parallèle, je tente de prendre des photos des 2 policiers. Ils s’énervent et laisse Didier partir sans rien payer…Recevrons-nous une amende en France ?

Nous continuons notre route qui se termine par un barrage et la possibilité de tourner à droite ou à gauche. Nous n’avons aucune carte d’Ukraine détaillée en cyrillique (seule une pauvre carte Michelin de l’Europe) et ne savons quelle direction prendre. Un employé (style contremaître avec la bouche pleine de dents en or) nous fait comprendre que nous pouvons prendre la route en travaux en roulant sur le bas-côté en terre sur 4 km. Nous optons pour ce choix. Lorsque la route devient roulante, elle est faite de plaque de béton.

 

Mardi 16 juin - 448 km – Destination atteinte : Russie – Oriol (+1h)

Nous passons la journée à rouler sur des routes droites à perte de vue, qui enjambent de grandes collines. Sur le parcours, beaucoup de contrôle de policiers mais également des voitures leurres.

Passage de la frontière sans encombre (pas plus compliqué que l’entrée en Ukraine). Nous devons acheter une assurance voiture qui couvrira les dommages en Russie. Certains agents ont bien tenté de nous demander des bakchichs, mais nous faisons mine de ne pas comprendre leur propos. Didier, excédé, accompagné des enfants, leur récitent les quelques mots à consonances russes qu’ils connaissent « la pie niche haut, l’oie niche bas, mais où niche l’hibou ? L’hibou niche ni haut, ni bas ». Nous passons plusieurs postes de contrôle, renseignons des formulaires (traduits en anglais). Les douaniers sont plutôt sympathiques.

Dès la première ville importante, nous nous arrêtons dans une zone commerciale récemment construite pour effectuer quelques achats alimentaires à l’hyper marché (magasin type entrepôt avec rayonnage en palettiers, stock sur les niveaux supérieurs, et produits alimentaire au niveau du sol. Beaucoup de poissons séchés (comme en Ukraine), mais également de viandes et poissons grillées (au rayon traiteur). Nous en profitons également pour acheter un atlas détaillé en cyrillique avec les noms des villes mentionnés comme sur les panneaux de signalisation. Nous retirons des roubles sans avoir la notion de la somme en € (on a oublié de se renseigner des cours des monnaies des pays traversés avant notre départ…(c’est bête, non ?). Notre référence reste le plein d’essence : 320 grivnas ukrainiens = 32€ = 880 roubles…il parait qu’en Russie, le GO est moins cher qu’en Ukraine.

En étudiant les notes des courses, je réalise que nous avons encore changé de fuseau horaire.

Notre gsm ne fonctionne pas ici. Pas moyen de passer un appel/sms ni d’en recevoir apparemment. Je n’avais pas vérifié s’il était déverrouillé (je réalise avoir oublié de vérifier des points de base). A moins qu’il ne s’agisse que d’un problème d’indicatif ? Il va falloir que j’interroge le téléphone satellite car nous n’avons pas encore pris le temps de faire un arrêt internet.

 

Mercredi 17 juin – 489 km - Destination atteinte : Russie – entre Rjazan et Penza

Les routes se dégradent sur certaines potions et il nous arrive de slalomer entre les nids de poules (et même d’autruches). Didier a bien adopté la conduite russe : à fond quand tout le monde accélère (dès qu’ils ralentissent, c’est qu’un contrôle police est proche…je me demande comment ils ont cette info..), sur le bas côté roulant dès qu’un véhicule plus rapide nous suit (sinon, il double à droite), au milieu de la route à 3 véhicules de front pour doubler (tout le monde fait fi des lignes blanches continues). Certaines situations sont un peu angoissantes : 4 véhicules de front dont 2 camions (type camions américains) sur une route à 2 voies lors de dépassements dans les 2 sens…

Sur les routes, nous ne voyons que des stations service flambant neuves (alors que certaines routes sont encore en cours de construction/rénovation). Et vu le nombre de personnes qui travaillent sur ces chantiers d’envergure, le trafic normal ne reprendra pas d’ici des mois, voire des années. Nous croisons des chantiers TP avec des femmes, la pioche à la main, qui creusent, et des hommes qui font la pause. Ils travaillent tard (à 19h, ils sont encore sur les chantiers) mais le rythme semble calme car nous les voyons rarement dans l’action (on est loin de notre productivité française !!).

Nous faisons beaucoup de route et trouvons notre rythme au fil des jours : les enfants sont assez tranquilles et profitent de ces longues heures de trajets pour faire un peu de travail scolaire, écrire des lettres, faire des dessins, jouer au Uno, cartes, pendu, chercher Charlie…Ils se défoulent pendant les pauses, si le temps le permet. Il faut dire qu’il pleut très régulièrement… c'est-à-dire tous les jours !!! Heureusement, sur une journée de 12h, il nous arrive d’avoir quelques heures d’accalmie (il parait que c’est ainsi ici l’été…).

 

Jeudi 18 juin – 591 km – Destination atteinte : Russie – 200 km avant Samara – 4094 km tot (il doit en rester encore 6000 avant la Mongolie)

Demain sera une journée repos une fois la ville de Samara atteinte. C’est un lieu de villégiature le long de la Volga: bain de soleil sur plage de sable (les enfants attendent ce moment avec impatience) en sirotant une petite boisson pendant la rédaction de quelques cartes postales. Pourvu que le temps nous offre quelques heures de répit.

Ce midi, nous avons déjeuné dans une maisonnette en bois où les habitants cuisinent de la nourriture locale. Un barbecue fume en permanence et nous avons opté pour des brochettes de porc avec une sauce à la tomate et salade de chou. L’accueil était avenant et la nourriture goûteuse. Nous traversons régulièrement des zones de maisons en bois bordant la route et proposant ce type de restauration.

 

Vendredi 19 juin – 255 km – Destination atteinte : Russie – Samara (+1h) – 4349 km tot (on se rapproche des steppes à petits pas !!)

Nous partons sous une pluie battante… et dire qu’en France il fait 33°C…A l’approche de Samara, un grand centre commercial avec Ikéa, Auchan (et autres enseignes) est sur le point d’ouvrir (le stock est en magasin, mais apparemment l’ouverture n’a pas encore eu lieu). Nous nous rabattons sur un autre centre commercial un peu plus loin, très récent (bon nombre de boutiques des galeries marchandes sont encore en cours d’aménagement) et très bien approvisionné. Le choix de produits est impressionnant (plus important que dans nos Auchan/Carrefour lyonnais en tout cas) … des allées entières de thés de toutes sortes, de céréales, de produits frais type yaourts… avec des références chez Danone et autres grands fabricants jamais vues en France. Le personnel est également très, très nombreux.

Après midi à Samara (après avoir cherché le centre pendant 2 h). La pluie a cessé dans la journée et les enfants peuvent se baigner dans la Volga (bien que ce ne soit pas la canicule comme en France). La plage de sable est au centre ville. L’ambiance fait penser à une ville de bord de mer : ginguettes proposant glaces et encas, jeux de plage, karting…Le soir, la jeunesse huppée danse dans les ginguettes qui se transforment en restaurant / discothèque, les plus sportifs chaussent des échasses à ressorts et font des bonds de plusieurs mètres.

La ville est plus propre que la moyenne des villes russes traversées et les espaces verts publiques sont un peu entretenus.

Nous sommes surpris par le nombre de personnes qui se promène dans les parcs, les jardins ou même les rues avec de la bière à la main : de la canette de 33 cl au bidon plastique de 5l (type bouteille d’eau), tous les conditionnements sont représentés.

Visite au centre internet pour mise à jour du blog et relever les messages : je manque de temps pour mettre les photos en ligne car nous avons avancé d’une heure sans que j’en aie eu conscience.

Le soir, nous reprenons la route à 22h30 et mettons 1h à sortir de la ville (1,6 millions d’habitants quand même). Nous empruntons un chemin de terre sur une centaine de mètres le long d’une route secondaire pour installer notre bivouac. Alors que nous sommes à l’arrêt depuis quelques minutes, une voiture et un fourgon s’approchent, tout feux éteints (ils ont du nous suivre sans que nous les ayons remarqués). Les occupants semblent être des militaires qui nous demandent (aimablement) de quitter les lieux…le bivouac sera donc le long de la route car les chemins sont hasardeux de nuit (de plus, il faut pouvoir les remarquer, ce qui est difficile ce soir-là car nous réalisons que nos feux sont tellement couverts de boue que nous devons rouler en plein phare pour se diriger): mauvaise nuit.

 

Samedi 20 juin – 488 km – Destination atteinte : Russie – Ufa (+1h) – 4837 km tot

La « milizia » est de sortie en ce jour de WE : voitures de police tous les quelques km, surtout dans les zones où les limitations de vitesse sont inférieures à 90 km (qui sont souvent beaucoup plus roulante que les potions à 90 km/h). Nous nous faisons arrêter sur une potion censée être en travaux, apparemment limitée à 40 km/h alors que nous roulons à 80 km/h. Le policier tente bien de nous demander 100$, avant de nous laisser partir. Nous nous sommes ensuite fait contrôler plusieurs fois par curiosité, juste pour connaître notre destination (sans que nous ayons jamais à fournir passeport ou permis français).

Les routes sont bordées de bouleaux depuis 2 ou 3 jours. Le paysage peut être agréablement vallonné, parsemé de stations de pompage (pétrole).

La journée étant ensoleillée, nous avons testé notre douche solaire en pleine air ce midi. Il faut 3 h pour avoir de l’eau chaude, mais notre repas ayant duré 1h, nous nous lavons à l’eau juste tiède.

A Ufa, Didier est inquiet par rapport aux suspensions avant du 4x4 (pas assez de débattement au niveau des amortisseurs). Nous payons notre absence de tests avant le départ, non effectués par manque de temps. Nous faisons une halte sur un parking goudronné plat (en l’occurrence, celui de la douane de la ville où les vigiles, compréhensifs, nous autorisent à stationner) afin que Didier puisse retendre les barres de torsion. Soirée passionnante passée à étudier les revues techniques du 4x4 !!

Les enfants pensent à la kermesse de l’école qui a eu lieu ce jour et qu’ils ont ratée « à cause de nous ».

Dimanche 21 juin – 500 km – Destination atteinte : Russie – entre Ufa et Kurgan – 5337 km tot

La « milizia » est de repos le dimanche : les contrôles sont moins fréquents.

Nous franchissons la région de l’Oural sud (montagne ancienne, donc altitude assez faible, inférieure à 800 m où nous traversons). Passée cette zone montagneuse, nous basculons en Sibérie où des plaines avec des lacs s’offrent à nous.

Sur les routes, nous voyons beaucoup de vieilles voitures (dont un fort pourcentage de Lada), mais également des 4x4 « de ville » très récents, type Cayenne, BMW, Audi (plus justifiés par l’état des routes russes que celles de nos contrées). Le nombre de véhicules en panne, se faisant remorquer est important ici (pas par une dépanneuse, mais par un autre véhicule de tourisme). Au vu de leur conduite « à risque », je m’étonne de ne pas avoir vu un seul accident depuis des 3000 km que nous avons roulé en Russie. C’est lié à leur fair play routier : dans une même direction, plusieurs véhicules (dont de nombreux camions) se déportent sur la gauche sans que les voitures de derrière aient de visibilité sur les véhicules arrivant en face. Puis, lorsqu’un véhicule arrive sur la voie opposée, les véhicules qui doublent s’intercalent au dernier moment les uns après les autres dans la file, les autres freinant éventuellement pour les laisser se rabattre. J’ai plusieurs fois des sueurs froides pensant vraiment qu’un choc frontal est inévitable, et finalement cela passe !

Le soir, nous établissons habituellement nos campements le long de chemins de terre, éloignés de l’asphalte du réseau routier principal, et bien à l’abri des regards. Il nous a fallu quelques jours pour comprendre la raison pour laquelle il y avait néanmoins du trafic sur ces chemins de terre que nous pensions isolés : il s’agit de routes non goudronnées desservant probablement des habitations. A ce jour, nous n’avons jamais été ennuyés (mais Didier à son arme : un nerf de bœuf si bien caché qu’avant de pouvoir l’extraire, nos assaillants nous aurons déjà mis HS !!).

Lundi 22 juin –590 km – Destination atteinte : Russie – entre Isim et Omsk (+1h) – 5927 km tot

Nous traversons maintenant des régions marécageuses et apprécions nos serpentins contre les moustiques.

La route principale traversant le Kazakhstan, nous sommes contraints d’emprunter le réseau secondaire pour contourner ce pays (nous n’avons pas de visa). En route après Isim, nous rencontrons 2 vachers à cheval à la tête d’un troupeau d’environ 200 bêtes, principalement des vaches, mais également moutons et quelques poulains. Ils tiennent le troupeau rassemblé en l’encerclant régulièrement, tout en sifflant de façon stridente. Ils sont très typés (yeux bridés, teint cuivré). Alors que nous les prenons en photo, ils nous proposent d’essayer leurs montures. Didier s’exerce au métier de vacher, suivi de Victorin (beaucoup plus timidement). Ils sont très joviaux. Ils tiennent à nous faire cadeau de leur calot brodé.

Le soir, nous tentons un bivouac dans un chemin : la terre noire est grasse et humide suite à une pluie récente, ce que nous n’avions pas noté avant de s’y aventurer… Le 4x4 se met en crabe et nous « dansons » de gauche à droite du chemin, surélevé par rapport aux champs le bordant. Pas moyen de faire demi-tour. Didier décide de s’aventurer plus en avant (contre mon avis!!!). Après 100 m, une voiture est au fossé et ces occupants nous font signe, probablement dans l’espoir que nous les remorquions… Nous stoppons pour faire marche arrière (lâchement…mais notre véhicule et l’état des pneus ne nous auraient pas permis de les tracter). Crabe en marche arrière. Didier se dit qu’il aurait dû prendre une paire de chaînes. Ouf, sortis de ce bourbier sans encombre.

 

Mardi 23 juin – 404 km – Destination atteinte : Russie – Omsk – 6331 km tot

Après midi à Omsk, ville agréable, jeune (universitaire apparemment), propre (présence de poubelles dans la rue que les habitants utilisent). Beaucoup d’édifices religieux. Nous avons assisté à quelques minutes d’un office orthodoxe et avons pu voir l’intérieur de l’église richement décoré de dorures et d’icônes. Nous passons devant quelques maisons anciennes en bois et la traditionnelle statue de Lénine.

Alors que nous tentons d’acheter timbres et enveloppes à la Poste, des russes à qui nous avions demandé si le guichet était celui approprié nous font passer en priorité : nous sommes gênés, mais personne ne rouspète. Il est à noter que nous n’avons rencontrés que des russes très serviables, même si la communication peut être compliquée car ils ne cessent de répéter la même phrase en haussant le ton, pensant que nous comprendrons mieux !!! Le dessin ne semble pas être leur point fort (nous avons toujours notre calepin et crayon avec nous), le mine non plus (je me transforme en animal pour savoir quelle viande nous mangeons, je passe l’aspirateur pour qu’ils nous débloquent celui des stations service, je me lave pour avoir de l’eau dans mon jerrican : ils semblent amusés et le contact passe bien). En revanche, ils se débrouillent assez bien pour nous indiquer notre chemin après que nous leur ayons montré notre panneau indiquant la destination en cyrillique (mine rond-point, intersection).

Le soir, Didier coupe une ligne blanche entre 2 voies de la ville pour faire demi-tour. Mais c’était sans compter sur la milizia qui est partout, même lorsque nous ne la voyons pas… Sirène, arrêt du véhicule, Didier est sommé de rejoindre les policiers dans leur véhicule. Toujours le même formulaire à signer 3 fois sans reçu. Les policiers demandent 50$ en griffonnant sur une feuille et lui chantent Edith Piaf. Il adopte le comportement de l’étranger qui ne comprend pas de quoi il s’agit. On le laisse partir après 10 min (une autre amende à la maison ? Ou alors ils nous laisserons passer la frontière contre paiement de toutes ces amendes ? Si un lecteur a des informations sur le sujet, nous sommes intéressés). Lorsqu’un des policiers enlève son képi, il est tapissé de billets bakchich…

Une demi-heure plus tard, Rebelote : arrêt sur une route de campagne par un policier suite à un prétendu excès de vitesse avant un rond point (les panneaux pour rétrograder sont si proches et la vitesse décroît si vite qu’il est très difficile de respecter ces limitations avec le 4x4 chargé et nos freins pas très performants, dixit Didier qui se cherche des excuses !!). Il nous demande de nous joindre sur le bas-côté avec sa matraque (ils ont tous une matraque) et de le rejoindre dans leur véhicule. Là, il a eu droit à Patricia Kas et Jean Claude Van dame. On le laisse repartir sans avoir renseigné le formulaire…

Didier est excédé, prêt à aller au poste si besoin…il est l’heure de faire notre bivouac… Avec tous ces changements horaires (+4h en une semaine), les enfants sont décalés : le soir, il fait jour jusqu’à 23h et ne sont pas fatigués, et le matin, nous devons les réveiller à 10h...

 

Mercredi 24 juin – 661 km – Destination atteinte : Russie – 100 km avant Tomsk – 6992 km tot

Il nous reste 2000 km pour atteindre l’extrémité sud du Lac Baïkal et 2500 km pour être à la frontière mongole par laquelle nous entrerons.

Les habitations sont de plus en plus construites en bois dans cette région de Sibérie.

Nous bivouaquons en lisière d’une forêt de bouleau. Le temps est humide (comme depuis notre arrivée !) et pensons que nous serons à l’abri des moustiques…mais les moustiques russes doivent être habitués à ce climat pluvieux et sortent par tous les temps (et oui, on n’est pas dans le sud de la France). Ce soir, ils sont particulièrement agressifs, de taille imposante (plus on va à l’Est, plus leur taille augmente) et ne piquent pas mais empalent. Yzeult semble avoir la varicelle tant ses bras et visage sont piqués. Je sors mon 2nd répulsif, mais c’est la moustiquaire visage (type protection apiculteur) qui aurait été nécessaire ce soir pour que les enfants se détendent dehors. Je la gardais pour le Lac Baïkal, pensant que la situation serait encore pire…

 

Jeudi 25 Juin – 220 km – Destination atteinte : Russie – qq km après Tomsk – 7212 km tot

Nous sommes réveillés par des meuglements et piétinements autour du 4x4 : nous sommes sur le parcours d’un troupeau de vaches encadrées par un cavalier. Ce dernier talonne sa monture plus qu’énergiquement et semble très énervé : à priori, nous représentons un obstacle sur le parcours perturbant le troupeau qui se disperse de part et d’autre du véhicule. Après avoir rassemblé ses vaches, il revient nous voir et propose aux enfants de monter sur son cheval pour les prendre en photo. Il nous quitte rapidement car il est seul et doit rejoindre ses bêtes.

Etape à Tomsk, ville universitaire de taille modeste (<500.000 habitants) située le long de l’Ob. L’attrait de ce site réside dans la présence d’un certain nombre de maisons en bois traditionnelles avec des fenêtres richement décorées de dentelles de bois. Comme les autres villes de Sibérie, le centre est assez propre et mieux entretenu que de l’autre côté de l’Oural.

Nous parcourons également la traditionnelle avenue et place Lénine où l’homme trône sur son piédestal, la colline de la Résurrection (forteresse), et admirons les églises chemin faisant.

Longue pause au point internet avant de reprendre la route.

Le temps était pluvieux et frais aujourd’hui : polaires et K-ways nous accompagnent toujours en permanence. Nous aurions du prendre les parapluies… Les russes arborent de belles bottes en caoutchouc décorées qui semblent faire partie de leur panoplie habituelle.

 Vendredi 26 Juin – 601 km – Destination atteinte : Russie – Krasnojarsk (+1h) – 7813 km tot

Etape dans cette ville qui est, l’hiver, une station de ski. Les pentes sont modestes et les descentes ne doivent pas être très grisantes ! Nous dédions l’étape aux enfants en optant pour la visite du zoo accueillant des espèces sibériennes, mais nous arrivons trop tard (nous avons encore avancé d’une heure).

Coté mécanique, Didier fait un contrôle sommaire du véhicule en utilisant un des vieux pont qui se trouvent le long de toutes les routes russes et à disposition de tous les automobilistes. Bilan : les lames de suspension additionnelles installées avant le départ ont bougé et le silent bloc d’un tirant de suspension avant est de travers. Les suspensions sont mises à rude contribution dû à l’état des routes de Russie et à la surcharge du véhicule. Didier est inquiet pour la Mongolie. Nous faisons également réparer une roue dans laquelle un clou s’était planté.

Courses dans une petite supérette : pour l’épicerie, il y a du choix ; en revanche, comme dans tous les grandes ou petites surfaces visitées, les fruits et légumes ne sont pas frais, voire même présentent des marques de pourrissement. Les russes ne semblent pas acheter leurs fruits et légumes en magasin, mais plus dans petites échoppent le long des routes qui sont spécialisées. De fait, les produits présentés sont beaucoup plus attirants.

Nous terminons la journée dans un restaurant un peu huppé où, pour la 1ère fois depuis notre entrée en Russie, nous rencontrons un professionnel (la serveuse) parlant assez bien l’anglais (les seuls échanges que nous avions eus en anglais précédemment étaient avec des étudiants dans des villes universitaires). Il faut dire que les touristes n’affluent pas dans ces contrées (j’imagine que c’est différent à Moscou ou St Petersbourg) : les seuls véhicules européens rencontrés sur 6000 km sont deux camping cars, un belge et un néerlandais).

 Samedi 27 Juin – 372 km – Destination atteinte : Russie – après Kack – 8185 km tot

Visite du zoo (élans, ours, loups, rapaces, genre de gnous, cervidés avec des bois ressemblant à du plastique/résine, chameaux…). Quelques tours de manège au parc d’attraction (grande roue toute neuve, et pourtant sans aucune sécurité au niveau des passages latéraux, mise à part un simple cordon non rigide).

Nous avons toutes les peines du monde à sortir de cette ville et retrouver notre chemin. La signalisation est catastrophique en Russie, et encore pire dans cette ville. Les intersections sans panneaux sont nombreuses (alors que nous suivions une direction et que la route principale se divise en 2 routes de même importance). Les directions sont tantôt indiquées par la ville principale, tantôt par d’autres villes secondaires situées sur le parcours. Il est donc nécessaire de suivre non pas une direction, mais de multiples destinations en cyrillique, ce qui complexifie considérablement ma tache de co-pilote. De plus, il n’y a aucune norme en matière de distance entre le panneau et le changement de direction : soit le panneau est apposé au niveau du changement de direction, et nous pensons que la route sera quelques mètres plus loin, soit il est apposé des centaines de mètre avant l’intersection (et dans ce cas, jamais de rappel de panneau, même pas dans un rond point)…  Il m’est arrivé une fois d’inscrire b au lieu de б sur mon panneau…nous avons été alors dirigé vers une direction très différente de celle recherchée…Les russes, à qui nous montrons notre panneau avec notre destination, nous proposent de temps en temps de nous montrer le chemin en voiture. D’autres fois, nous sommes en présence d’un groupe dont les membres veulent nous faire emprunter des chemins très différents, voire opposés !! Le raconter nous fait sourire, mais le vivre devient stressant, surtout quand nous tournons en rond depuis une heure.

Les paysages sibériens le long de notre route sont vallonnés, toutes les maisons construites en bois/rondins avec des volets ou tours de fenêtre peints en bleu, blanc ou/et vert et leur tas de bois de chauffage (bouleau) stocké sur le côté. Les Lilas en fleurs apportent une touche de violet. Des tuyaux fins ou de diamètre plus important courent toujours dans les rues (villes comme villages - gaz ?), certains au niveau du sol, d’autres en hauteur. La route que nous empruntons actuellement n’est que partiellement goudronnée et les trous sont nombreux. Notre vitesse de croisière en prend un coup mais nous espérons néanmoins arriver près du lac Baïkal demain soir (encore +700 km). Nous nous arrêtons vers 22h30 car la pénombre s’installe vers 23h00.

 Dimanche 28 Juin – 491 km – Destination atteinte : Russie – 350 km avant Irkoust (+1h) – 8676 km tot

Petite visite dans un cimetière russe très verdoyant : ils sont situés en lisère de la forêt, au milieu des arbres, sur un parterre d’herbe et de fougères. Ce sont des petits enclos de 4m par 4m environ, délimités par des barrières basses en fer forgés peintes en bleu, blanc ou vert, dans lesquels les tombes d’une famille reposent, richement décorées avec des couronnes de fleurs artificielles et rubans très colorés. Des bancs peuvent sont parfois présents dans ces espaces et des allées permettent de déambuler entre ces enclos.

La route est toujours aussi mauvaise, de longues portions de dizaines de kilomètres non goudronnées.

Des vendeurs ambulants basés le long de toutes les routes de campagne de Russie proposent leur cueillette ou récolte du jour: champignons, fraises des bois, herbes, pommes de terre, miel, baies…

La milice est de moins en moins présente sur les routes. Didier relâche son attention (il passait son temps à scruter l’horizon à la recherche du moindre indice lui laissant supposer un contrôle de police). Il se laisse encore surprendre par les nombreux russes en tenue de combat/camouflage grise ou kaki qui marchent le long de la route. En effet, les hommes portent souvent cette tenue type militaire.

Ce soir, nous sommes loin de notre objectif (Lac Baïkal) : nous ne pensions pas trouver de la route aussi mauvaise…

 Lundi 29 Juin – 546 km – Destination atteinte : Russie – Lac Baïkal : Ile d’Olkhon   9222 km tot

Nous faisons le choix de dévier notre route de 250 km pour faire une étape sur l’Ile d’Olkhon, située du côté de la rive Ouest du Lac Baikal. C’est un site apparemment très agréable (selon le Lonely Planet) pour découvrir le Lac. En effet, la partie sud du Lac que nous contournons en voiture pour atteindre la frontière mongole n’est guère accessible et la route passe à plusieurs kilomètres du Lac.

Sur cette journée, les locaux rencontrés sont de plus en plus typés et nous pourrions nous croire en Mongolie tant les yeux sont bridés et les teints cuivrés.

Les petits villages sont construits de bois autour des puits, et des barrières de rondins délimitent les parcelles,  encerclant même dans certains cas l’ensemble du hameau. On pourrait se croire dans « La petite maison dans la prairie » !!

La route se transforme en piste une vingtaine de km avant l’île. Un bac nous permet de traverser le Lac pour atteindre Olkhon. Ensuite, encore 30 km de piste avant d’atteindre le village principal : cette piste est tantôt en terre, tantôt en sable. Le site est superbe.

 Mardi 30 Juin – 110 km – Destination atteinte : Russie – Lac Baïkal : Ile d’Olkhon   9332 km tot

Journée sensations en tout genres : de la trouille en 4x4 à l’émerveillement devant des paysages inconnus chez nous.

Nous décidons ce jour de faire une excursion à l’extrémité nord de l’Ile où il est possible d’apercevoir des phoques d’eau douce à l’état naturel. Chemin faisant, nous prenons une auto-stoppeuse russe qui parle bien l’anglais. La piste devient de plus en plus difficile. Nous faisons étape chez des pêcheurs pour déguster l’ « omoul », poisson du Lac (genre truite) fraîchement pêché et cuit avec la cendre de bouleau pour le fumer. Délicieux.

Dans un dévers trop prononcé, nous sentons la voiture se renverser sur le bas-côté et hurlons…Le véhicule se stabilise, mais reste dangereusement penché. Seul, le pare-choc arrière nous retient encore de verser complètement. Après une phase de réflexion sur la stratégie à adopter (avancer ? reculer ?), Didier décide que nous devons creuser sous les roues surélevées pour redresser le véhicule. Heureusement, le terrain est sableux et la tache est facilitée. Nous utilisons le seul outil emporté, à savoir une petite pelle pliable…et nos mains. Cette stratégie était la bonne et le véhicule se redresse. Le reste du parcours est très difficile pour notre véhicule surchargé. A notre arrivée à la péninsule, des Suisses, rencontrés précédemment et super équipés avec un camion 4x4, plaque de désensablage…nous prennent en photo, pensant que nous n’aurions jamais réussi à atteindre ce but…

Du haut de la falaise, nous verrons les phoques se reposant sur un rocher et nous rapprocherons en descendant le terrain escarpé le long de la falaise pour les observer de plus près. Autour de nous, la steppe où broute un troupeau de chevaux sauvages (une bande d’une trentaine de juments bien encadrées par un étalon qui se tient à l’écart et nous surveille du coin de l’œil).

Au retour, nous empruntons une autre piste afin de ne pas rencontrer le dévers de l’aller, mais d’autres difficultés nous attendent, que Didier surmonte avec brio (passages où seules 2 ou 3 roues touchent le sol par endroit, lors de passage de fossés, le temps de la bascule : j’étais chargée de prendre les photos, mais paralysée par la trouille, j’ai manqué à ma mission). Nous rentrons finalement sains et saufs. Si les pistes de la Mongolie sont aussi difficiles, on va vraiment en baver…

Nous profitons de la soirée crêpes avec notre auto-stoppeuse Poline pour discuter. Nous apprenons que l’été sibérien, habituellement très chaud, est cette année quelque peu dégradé (on s’en était rendu compte…et à mon avis, c’est général sur toute la Russie !!), mais l’Ile bénéficie d’un micro-climat (on peut dire que nous avons bénéficié ce jour d’un faible soleil..). L’absence de moustiques lié au vent nous permet néanmoins d’apprécier le micro-climat !!!

 
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