Samedi 1 Août – 135 km – Destination atteinte : Mongolie Olgiy (province Bayan Olgiy) –- 14840 km tot
La piste traverse une étendue de galets sur des kilomètres. En regardant la carte, je note que nous sommes près d’un cours d’eauruisselant des sommets encore enneigés aujourd’hui. A d’autres périodes de l’année, cette piste serait impraticable pour nous ! Le lit de la rivière nous apparaît d’un coup, assez large, plein d’énormes galets. Un camion qui est passé près de nous le matin même alors que nous déjeunions est en panne sur un passage de gué, rendant impraticable l’accès où il se trouve. Après avoir remonté et descendu le cours d’eau sur une centaine de mètre, il ne reste qu’un accès. Didier enlève les grosses pierres et me montre le passage dans lequel je dois le guider, tout en restant devant lui, mais pas trop près pour qu’il puisse accélérer pour franchir l’obstacle, mais pas trop loin que je puisse voir les obstacles…Enfin, j’ai du mal à comprendre ce que je dois faire, où je dois me positionner, et apparemment ne suis d’aucune utilité. De plus, comme j’ai la trouille (c’est à peine si je peux regarder ce qui se passe), je ne suis même pas fichue de faire une vidéo de Super Didier franchissant son gué d’une hauteur de…la batterie était mouillée apparemment.
Nous atteignons le Lac Archit à midi, mais des milliers de petits moustiques nous dissuadent de déjeuner dehors !
Les paysages deviennent arides, des montagnes nous encerclent avec des rocs noirs pointant au milieu des flancs terreux où des pierres noires ravinent. L’environnement est lunaire, pas de verdure, pas de trace de vie à part les rapaces qui tournoient. Angoissant. C’est avec soulagement que nous voyons la piste déboucher sur une vallée encaissée où coule un cours d’eau autour duquel la végétation renaît. Les rochers noires des montagnes se cuivrent au soleil qui a malgré tout du mal à rendre le site plus plaisant : des morceaux de roches jonchent le sol de la piste qui sillonne aux pieds des montagnes, et également les berges de la rivière. Nous filons à fond les manettes (selon l’expression des enfants) sur cette piste avant qu’un bloc de roche ne nous dégringole dessus. La chance nous a un peu délaissés ces derniers temps, et il ne faudrait pas tenter le diable.
Dimanche 2 Août - 28 km - Destination atteinte : Mongolie Olgiy (province Bayan Olgiy) -- 14868 km tot La ville est habitée en grande partie par des kazakhs de religion musulmane. La langue est plus familière, tant par les intonations que les mots (salam...). Les enclos en bois délimitants les propriétés font place à des murs montés de briques « maison » : la glaise présente le long du cours d'eau sert à leur fabrication. Les maisons en briques locales ou bois enduites de torchis souvent peint en blanc remplacent les gers. Des travaux de construction se déroulent dans tous les coins de Olgiy, où les maisons se montent. Le cheval est remplacé par le side- car similaire à ceux présents en Russie. Le marché est bien achalandé ; on pourrait même se croire au marché extérieur de Villefranche-sur-Saône le lundi matin (vêtements et autres articles non alimentaires). Les kazakhs s'adonnent au billard dont les tables occupent l'espace central du marché, en plein air. Il est toujours aussi difficile de photographier les locaux, qui protestent même lorsqu'ils ne sont pas dans l'objectif ! A ma grande déception, j'en ai très peu prises (mis à part les nomades qui nous ont reçus dans leur ger). Le câble du PC est réparé pour 1€ (soudure). Le pare buffle ressoudé. Nous visitons le musée local où les employées tentent par tous les moyens de nous vendre des antiquités kazakhs (broderies « anciennes » faites mains sur tissus dans les années 80/90, très rafistolées pour la plupart, et dont les finitions type ourlet cousues récemment sont très grossières). Nous avons vu en ville un atelier où des femmes brodent les tissus avec la même méthode et fabriquent des accessoires actuels qui nous plaisent beaucoup. Nous préférons encourager la production actuelle permettant aux ouvrières d'améliorer leur quotidien que participer à la dilapidation de leurs antiquités... Nous rencontrons une agence pour étudier un périple dans un parc afin de rejoindre des lacs ou nous approcher des neiges éternelles et tenter d'observer la chasse à l'aigle pratiquée dans la région. En effet, Didier ne veut plus prendre de risque avec le 4x4 qui souffre, aussi près de la frontière. De plus, le pilote fatigue également... On nous a relaté plusieurs cas de touristes occidentaux venus avec leur propre véhicule, en dépression nerveuse et n'osant plus conduire, plantés dans le pays. Il ne faudrait pas que cela lui arrive et on le ménage ! Mais les distances sont longues (trajets A/R=2 à 3j), et l'absence de camps de gers pour touristes nous laisse entrevoir un confort sommaire et une alimentation peu à notre goût chez l'habitant qu'il nous serait difficile de supporter. Nous sommes fatigués par les pistes, la poussière, l'absence de verdure de la zone montagneuse où nous nous trouvons, et aspirons à nous reposer. Jacques et Elisabeth qui sont sortis depuis quelques jours de Mongolie par la frontière Ouest se détendent avant d'entrer au Kazakhstan dans une région verdoyante, faisant penser à la Suisse, où fruits et légumes sont disponibles et les routes sont goudronnées. Le bonheur !
Lundi 3 Août -100 km - Destination atteinte : Mongolie environ 80 km après Olgiy (province Bayan Olgiy) -- 14968 km tot Didier soulève l'avant de la cellule pour y glisser une nouvelle bande de mousse achetée la veille au marché chez un marchand de chaussures. Est-elle utilisée pour les semelles intérieures ? Notre ancienne mousse s'est désagrégée au fil des pistes et le polyester de la cellule repose directement sur la carrosserie du 4x4 au niveau de la jonction, sans aucun amortissement. En fin d'après midi, alors que nous nous dirigeons vers la sortie de la ville en direction de la frontière, un 2 CV pendue au bout d'une grue (en cours de déchargement d'un camion) attire notre attention. Nous faisons demi-tour pour immortaliser cette scène insolite, et réalisons que le propriétaire français gère les opérations déchargement. Thomas, lyonnais, a fait transporter sa voiture de U.B. dans l'ouest du pays. Il a été victime d'un accident de la route à U.B. l'été dernier et sa deuch, dont l'avant avait été complètement enfoncé, a été réparée « à la mongole » : le travail de carrosserie est très correct mais la partie mécanique a été moins peaufinée. Il revient donc cette année pour récupérer son véhicule (et la caution qu'il a du laisser à la douane en quittant le pays l'année dernière) et tenter de le ramener en France. Nous faisons route ensemble. En cas de panne non réparable sur place, nous pourrions toujours le remorquer jusqu'à la fontière pour qu'il puisse au moins récupérer sa caution.
Mardi 4 Août -356 km - Destination atteinte : Russie - Koch-Agatch - 15324 km tot Arrivée à midi au poste de frontière mongol, mais c'est la pause déjeuner. Nous passerons vers 14h00. Nous discutons avec des anglais et espagnols qui campent juste à côté du poste de frontière, côté mongol. Il s'agit de participants à un raid se déroulant chaque année où environ 350 véhicules convergent sur UB de plusieurs pays européens. Les véhicules sont ensuite légués sur place afin d'être vendus au bénéfice d'une œuvre de charité. Six voitures sont immobilisées pour des problèmes de douanes alors que leurs occupants peuvent entrer en Mongolie...cela dure depuis 5 jours. Les postes frontaliers mongol et russe sont éloignés d'environ 30 km, et un no man's land est situé entre les deux. Nous quittons le poste de frontière russe dans l'après midi, après que l'officier qui gère le passage des véhicules en règle nous fait comprendre que nous devons nous arrêter un peu plus loin à l'office d'immigration, vers un officier en uniforme. Alors que nous avançons lentement, une voiture de tourisme et son conducteur en civil nous barre la route : ce serait apparemment l'officier de l'immigration ! Didier croit à un de leur simulacre pour nous racketter encore quelques roubles et refuse catégoriquement de rentrer dans leur algéco. Thomas s'arrête au poste, remet son passeport et sa carte grise pour enregistrement sur un ordinateur, et se voit apposer un tampon sur un de leurs nombreux formulaires à remettre à la sortie du territoire, mais il ne lui est pas demandé de rouble. Il est chargé de nous informer que si nous ne faisons pas de même, nous ne pourrions pas sortir du territoire (de la République Altaï où nous nous trouvons ou alors de la Russie ?) et la police nous arrêtera...Bigre, cela ne rigole pas !! Le soi-disant officier de l'immigration nous double en voiture jusqu'à notre arrêt à une station service où Didier change une de nos roues qui est crevée où il nous observe de loin...La police est-elle déjà à nos trousses ? Bien entendu, cette histoire est un sujet de discorde entre Didier et moi : j'aimerai qu'il ait la preuve du racket avant de se mettre à dos les officiers. Cela ne lui aurait rien coûté d'attendre qu'ils nous demandent quelques roubles avant de refuser plutôt que de faire un esclandre alors que nous n'avons aucune preuve de racket...
Mercredi 5 Août -290 km - Destination atteinte : Russie - Col de Seminsky - 15614 km tot Nous traversons l'Altaï et apprécions énormément les paysages pimpants et de plus en plus verdoyants qui tranchent avec ceux de l'Ouest mongol quittés la veille. Des prairies fleuries, des rivières, des forêts de conifères, des montagnes dont certains sommets sont encore enneigés, et des villages avec des datchas en bois bien entretenues au milieu de jardin où poussent glaïeuls et roses trémières. On est loin du délabrement des villes et villages russes traversés à l'aller : ici, tout est bien agencé, les routes et leurs abords sont propres. Beaucoup de touristes russes campent, et certains descendent des rivières en rafting. Le 4x4 accouplé de sa cellule et la deudeuche forment un équipage insolite. La 2 CV a énormément de succès et les russes s'arrêtent pour la photographier seule ou prenant la pose à côté. Nous passons un col où des russes vendent de délicieux beignets maison à la viande hachée bien assaisonnés ou au fromage sucré, ainsi que des brochettes dont nous faisons notre goûter.
Jeudi 6 Août -524 km - Destination atteinte : Russie - Novossibirsk -- 16138 km tot La pluie revient aujourd'hui, et nous abandonnons l'idée d'une étape dans l'Altaï. Nous achetons des fruits et légumes frais à des locaux qui vendent leur production et cueillette (dont des girolles) et profitons également de la vente de mets cuisinés par leurs soins pour déjeuner sur place: petits concombres croquants en saumure, tomates fraîches farcies avec un mélange d'herbes, oignons et ail, pommes de terres nouvelles chaudes cuites vapeur, crêpes garnies de crème avec framboises et mures juste cueillies, tartines de miel sur pain russe (noir). Un régal après le mois de carence que nous venons de subir !! Nous n'avons pas encore goûté les confitures dont celle aux fraises des bois qu'il me tarde de déguster. Ce soir, étape près d'une usine désaffectée. Site pas très gai, mais qui présente au moins l'avantage d'être de niveau sur du goudron, sans risque d'embourbement. Avec la pluie et l'absence de route goudronnée en dehors de celle où nous circulons, nous avons de nouveau des difficultés à trouver des lieux de bivouac. Le soir, nous aurons la surprise de constater que le site est utilisé comme discothèque par des jeunes qui mettent la sono à fond et dansent à la lumière des phares. Heureusement, le calme revient au moment du coucher. Nous avons rejoint la route principale qui mène à Moscou et demain, Thomas partira de son côté afin trouve son rythme : il démarre à 6h00 du matin alors que nous avons du mal à décoller avant 10h00.
Vendredi 7 Août -279 km - Destination atteinte : Russie - après Novossibirsk -- 16417 km tot Arrêt au lac de Novossibirsk où les enfants se baignent et attrapent avec une technique bien personnelle des poissons qui nagent à fleur d'eau par dizaines. Ils les rabattent sur la berge où ils viennent s'échouer ! Puis déjeuner dans un restaurant au bord du lac où nous profitons du soleil pour flâner. Nous reprendrons la route dans l'après midi et aurons les mêmes difficultés que la veille pour trouver un endroit « au sec » pour bivouaquer car il semblerait que nous ayons rattrapé la pluie dans la soirée...
Samedi 8 Août -684 km - Destination atteinte : Russie - Dir Tiomen -- 17101 km tot La route est monotone, bordée de zones marécageuses sans grand intérêt. La journée est ensoleillée mais la soirée pluvieuse et fraîche. On trace vers l'Ouest. Je me suis faite piquée deux fois par une sorte de guêpe, au crâne et à l'index, et j'ai pu utiliser ma pharmacie de voyage : Un aspi-venin inutilisable sur le crâne Une pommade à base de cortisone des dolipranes car le crâne me lance alors que j'ai été piquée il y a plus de 4h Je vais passer au traitement de choc à base de corticoïdes car il me semble avoir du mal à respirer et j'ai des démangeaisons partout. Si je vous écris demain, c'est que j'ai survécu ! Le reste de l'équipage prend la situation à la légère, et trouve que je prends particulièrement soin de mes petits bobos. Il était prêt à me raser la tête pour appliquer l'aspi-venin.
Dimanche 9 Août - 524 km - Destination atteinte : Russie - Tiomen -- 17625 km tot Je suis vivante ! Nous retrouvons le temps de russie : morose, pluvieux, froids. J'ai lu qu'en Sibérie, le thermomètre peut monter à 35°. Nous pouvons témoigner que ce ne fut pas le cas l'été 2009. Positivons : nous n'avons pas la climatisation mais le chauffage fonctionne bien dans le 4x4. Nous nous faisons des petites « flambées » dans la journée pour éviter d'avoir les pieds gelés. Et au lieu de visiter Tiomen, nous avons passé 2h à visiter un de ses supermarchés, bien au chaud pendant que la pluie battait son plein. Nous avons fait des courses qui peuvent nous permettre de tenir un siège : bouteille de Bordeaux, énormes tablettes de chocolat Lindt aux noisettes, des gâteaux, pizza, tarte au fromage (on pensait acheter un flan pour le goûter qui fut donc salé)... Et au moment de régler l'addition, nous tentons de régler car CB car des autocollants aux caisses stipulent bien que les CB Visa et Mastercard sont acceptées. Ma Visa aurait un problème (je viens juste de retirer de l'espèce) et lorsque nous présentons la Mastercard, malgré l'assistance de la chef de caisses, pas moyen de régler. Ils ne savent pas utiliser ces lecteurs de cartes ! Ils font un grand nombre de manipulations et nous finirons pas régler en espèces. A l'aller, nous avions finalement opté pour le règlement uniquement en espèces tant la manipulation des lecteurs CB par les quelques commerçants russes qui acceptaient les cartes était inquiétante (opération soi-disant annulée, tickets signés uniquement du commerçant, ou uniquement par nous-même, ou, au pire comme aujourd'hui incapacité à utiliser le lecteur...). On va reprendre les résolutions de l'aller si nous voulons avoir encore quelques économies pour terminer notre périple.
Lundi 10 Août - 194 km - Destination atteinte : Russie - Ekaterinbourg -- 17819 km tot Visite de Ekaterinbourg, capitale de la Sibérie et ville prospère, bien entretenue, propre et très occidentale (nous n'avons pas encore franchi l'Oural qui délimite l'Asie de l'Europe). Les nombreux bâtiments sont neufs, récemment rénovés ou en cours de rénovation. On pourrait presque se croire en France si les trottoirs étaient de niveau et l'éclairage public de nuit fonctionnait ! Notre visite s'est déroulée sous de nombreuses averses, soit une récurrence très régulière de 10 min d'accalmie et 10 min de pluie. On sort les K-Ways, on range les K-Ways, on sort les K-Ways, on range les K-Ways, on sort les K-Ways, on range les K-Ways... Le soir, restaurant russe à la « Datcha » où, bien que la cuisine était très correcte, seul l'ajout de baies m'a laissé pensé que la cuisine était locale : saumon, filets de perche, poulet à la tchakhokhbili et pavé de bœuf. Après le restaurant, nous avons dormi dans la ville au pied de bureaux surveillés par des gardiens mais le bruit de la rue proche ne nous a pas laissé fermer l'œil de la nuit. Le lendemain, nous avons déguerpis à 6h30 car les hommes d'affaires en 4x4 attendaient déjà leur place!
Mardi 11 Août - 433 km - Destination atteinte : Russie - Perm -- 18252 km tot Passage de l'Oural sans apercevoir de chaîne montagneuse (qui est donc encore moins visible qu'à l'aller où nous sommes passés plus au sud). La frontière entre l'Europe et l'Asie est apparemment matérialisée par une borne où les touristes que nous sommes aiment à prendre une photo souvenir à cheval sur les deux continents. Mais nous avons raté la borne et nous n'aurons pas notre photo souvenir, un pied en Europe et un pied en Asie. Didier a enfin levé le nez de dessous le capot et nous pouvons maintenant noter son sourire avec le passage de l'Oural car nous bénéficions maintenant de l'assistance automobile avec notre assurance française. Il suffirait juste de réussir à les contacter ! La police se fait de plus en plus présente sur les routes et Didier, malgré sa vigilance, s'est déjà fait flashé une fois. Lorsque l'agent a su que nous étions français, il nous a laissé partir. Arrêt internet à Perm, sans succès, car les cafés internet ne fonctionnaient pas.
Mercredi 12 août - 607 km - Destination atteinte : Russie - Kazan - 18859 km tot Nous avons enfin quitté les zones marécageuses et plates pour trouver un peu de relief et de soleil aujourd'hui.
Jeudi 13 août – 62 km – Destination atteinte : Russie - Kazan –– 18921 km tot
Visite du Kremlin (dont la mosquée Kul Sharif où j’ai du me déguiser en vamp, ce qui a bien fait rire Didier), internet à la Poste où l’employée a été fort mécontente lorsqu’elle a remarqué que j’avais connecté ma clé USB (jusqu’à présent, c’était toujours autorisé), baignade dans la Volga où de belles plages de sable permettent jeux et bains de soleil, passage obligé à la fête foraine proche de la plage, et sortie de la ville avant la nuit en suivant un chauffeur russe qui nous montre le chemin jusqu’à la M7. En effet, en Russie, les panneaux de signalisation indiquant les directions apparaissent une fois que l’on est sur la route cherchée…dans les centres villes, jamais d’indication de direction !!
Je dois avouer que je souffre de plus en plus des difficultés de communication avec les russes qui ne parlent pas un mot d’anglais (et vu que je ne parle pas un mot de russe…). Depuis notre entrée en Russie (10 jours) nous n’avons rencontré que deux russes parlant anglais : un balayeur nettoyant les abords de la route et un jeune à qui nous demandions notre direction. Les automobilistes sont sympas et tentent souvent de nous aider dans la recherche de direction, parfois en nous demandant de les suivre lorsque nous leur demandons s’ils parlent anglais ! En revanche, dans les petits commerces, nous sommes toujours surpris de l’absence de service client : personne daignent s’occuper de nous, et nous sommes soit ignorés soit, au contraire, observés comme des ovnis (Didier, j’ai la bouche sale ou les cheveux en pétard?), les vendeuses papotent ou rangent la marchandise pendant que nous attendons et que les autres clients nous doublent allègrement. Une fois une employée hélée, le manque d’entrain à nous servir et leur visage peu avenant nous découragent d’emblée àdépenser nos roubles ! Il est vrai que certaines villes russes ne sont ouvertes aux étrangers que depuis 1990, mais à voir l’accueil en 2009, je pense qu’il faudra encore des décennies pour que les esprits s’ouvrent. L’atmosphère peut devenir pesant à la longue, et j’avoue que j’attends la visite des villes de l’anneau d’Or, Moscou et St Peterborough avec impatience car je les imagine plus accueillantes.
Dans un registre légèrement similaire, nos expériences de restaurants ont été également un peu décevantes au niveau du service : boissons non réfrigérées, plats chauds servis à plusieurs minutes d’intervalles nous empêchant de manger en même temps, absence de couverts qu’il faut réclamer…Sommes-nous habitués aux standards européens bien supérieurs à ceux d’ici ? Sommes-nous la cible de comportements xénophobes? Ou alors avons-nous juste la guigne ?
Vendredi 14 août – 483 km – Destination atteinte : Russie – Nijni-Novgorod – 19404 km tot
Visite du Kremlin, resto avec accueil des français que nous sommes « à la russe », compensé par automobiliste sympa qui a fait des kilomètres pour nous mettre sur la route de Moscou… un classique !!
Samedi 15 août –214 km – Destination atteinte : Russie – Souzdal – 19618 km tot
Nous avons débuté la visite des villes de l’Anneau d’Or (groupe de villes situées de l’Est au Nord de Moscou, où se trouvent nombre de monuments anciens - églises, monastères, couvents et kremlins de toute beauté - construits entre le 10ème et 18ème siècles.
Aujourd’hui, visite de Bogolioubovo et Vladimir avant d’atteindre Souzdal ce soir.
Nous avons particulièrement aimé la cathédrale de l’Assomption de Vladimir où le prêtre, vêtu de noir avec une écharpe dorée, célébrait un office dans une petite partie du bâtiment très richement décoré avec des icônes et des fresques murales (du 12ème et 15ème siècles) : les dorures et les cierges suffisaient à illuminer cet espace à peine éclairé, l’odeur d’encens et les incantations du prêtre auxquelles les chanteuses répondaient nous berçaient et la scène, empreinte de mysticisme, était particulièrement apaisante à regarder. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion d’assister à une partie des offices et la voix de ces chanteuses dédiées est particulièrement agréable àécouter.
En arrivant à Souzdal, nous nous sommes rendu à la fabrique medovoukha (hydromel russe) fabriqué ici pour faire une petite dégustation. Mais après nous être installés dans la salle et avoir attendu la serveuse qui nous avait accueilli à l’entrée pendant 10 min (le 3ème russe rencontré depuis notre arrivée qui parlait anglais et était notre voisin de table nous avait précisé que nous devions attendre la serveuse), cette dernière nous a sorti dans son plus bel anglais : « we are closed ». On ne s’étonne plus, c’est l’accueil russe !!! Même en étant averti, Didier a néanmoins eu du mal à digérer la situation. Nous leur avons gentiment précisé en quittant l’établissement qu’il aurait été de bon ton de ne pas nous laisser nous installer…mais là, bizarrement, ils ne parlaient plus anglais.
Dimanche 16 août –190 km – Destination atteinte : Russie – Kostroma – 19618 km tot
Visite de Soudzal et Ivanovo.
Nous devenons adeptes des en-cas maison locaux cuisinés par les femmes des sites touristiques qui vendent leur production aux touristes. Aujourd’hui, tourtes tièdes garnies de pommes de terre en purée et herbes fraîches, choux, ou œufs durs et herbes fraîches. Ces tourtes étaient particulièrement bonnes. Ces productions se composent habituellement d’un petit pain brioché tiède garni de purée de pommes de terre ou de chou cuisiné. L’ensemble est généralement très consistant, surtout si la cuisinière s’est montrée un peu avare en garniture comme ce fut le cas dans un couvent où les sœurs vendaient leur production!
Lundi 17 août –182 km – Destination atteinte : Russie – Rostov-Veliki – 19990 km tot
Visite de Kostroma et Iaroslavl.
Marché à Iaroslavl où nous avons dégusté des crêpes salées (les russes sont friands de « blinis ») garnies de viandes, jambon ou œufs puis frites. Nous avons visité une importante librairie où il y avait moins de 10 livres en français imprimés en Finlande pour les lecteurs russes (les mots et expressions compliqués sont traduits en russe). La ponctuation et l’orthographe sont assez fantaisistes par moment ; j’ai des difficultés à lire le Comte de Monté Cristo qui est notre nouveau livre de route, et Yzeult bataille avec Poil de Carotte.
A noter : nous avons rencontré un russe parlant anglais, et particulièrement serviable qui nous a permis de réparer de nouveau le câble du chargeur du PC.
Mardi 18 août – 155 km – Destination atteinte : Russie –Serguïev Possad– 20145 km tot
Visite de Rosto-Veliki et Serguïev Possad. Nous avons rencontrés nos 1er français à Rosto-Veliki ce matin. En revanche, les italiens voyageant en individuels ou en groupe sont plus courants.
Demain, nous serons arrivés Moscou car nous n’en sommes qu’à 50 km.
Mercredi 19 août – 178 km – Destination atteinte : Russie –Mocou– 20323 km tot
Tour du périphérique (grande ceinture) de Moscou où les magasins Auchan, Leroy Merlin se succèdent (4 groupes de magasins sur un demi-périf). Notre objectif est de nous rendre directement au cirque de Moscou pour assister à la 1ère représentation possible. Mais une fois arrivés sur place, nous réalisons que le cirque, tout comme les ballets, est en vacances ou en tournée d’été. Déception car nous l’avions promis aux enfants.
Nous nous rendons donc au kremlin en voiture. La circulation est assez aisée, et la seule difficulté que nous rencontrons concerne le système de contre-allées qui bordent les routes importantes et qu’il faut emprunter soit pour aller tout droit, la route centrale seule pouvant être utilisée pour tourner aux intersections, soit l’inverse. La règle ne nous a pas paru très claire, et en résumé, nous nous sommes fourvoyés deux ou trois fois, of course…
Arrivés près du kremlin, Didier qui tournait à une intersection pour se garer se fait siffler par un agent de l’ordre. Il a découvert qu’il avait bifurqué alors que le panneau lui imposait d’aller tout droit…L’endroit étant stratégique, trois véhicules de policiers se trouvent postés à cet emplacement et sifflent des automobilistes toutes les 2 min. De plus, outre l’infraction commise (et pour laquelle il risquait un retrait de permis sur le champ), ils ont contrôlé le certificat d’immigration du véhicule qui n’était valable que jusqu’au 19 août, date du jour !. Il est vrai que j’avais complètement oublié ce document dont les dates ne couvrent pas notre séjour complet en Russie. A notre deuxième entrée en Russie, ce document a été établi en la seule présence de Didier (à la douane, il distingue bien le chauffeur du reste de l’équipage). Il n’était pas averti qu’il fallait veiller à ce que la date de validité de ce document couvre la durée de notre visa (alors que tous les formulaires renseignés par mes soins mentionnaient bien un départ de Russie au 9 septembre). J’avais été sensibilisée à ces dates par la lecture de blogs, et Thomas, le conducteur de la 2CV qui nous a accompagné un bout de chemin avait passé une journée bloquée à la frontière russe en sortant du pays pour le même problème. J’avais réalisé bien après la frontière que le document n’était valable que 15 jours, ce qui semble être la durée mentionnée par défaut. Je suis sure que tous ces fonctionnaires russes sont complices entre eux et qu’ils en profitent pour soutirer de l’argent aux étrangers de cette manière.
Notre agent de l’ordre russe souhaitait embarquer notre véhicule pour le mettre à la fourrière en attendant que nous puissions régulariser la situation avec les douanes. Il ne pouvait nous donner l’adresse des douanes car elle était au poste de police, et il devait lancer le protocole, donc embarquer le 4x4, pour nous la remettre !! Je lui expliquais que les 12 coups de minuit n’avaient pas encore sonnés, et que nous avions encore quelques heures pour régulariser la situation du carrosse. Un français est arrivé sur ces entre faits, comme par bonheur, nous proposant son aide. Notre agent de l’ordre, corrompu comme tous les autres (et dire que lui parlait très bien anglais) et qui avait tenté vainement de nous soutirer quelques €, nous a rendu nos papiers pour siffler d’autres automobilistes et rendre la fin de journée plus lucrative.
Ma grande hantise maintenant est ce papier : on ne nous l’a jamais demandé à l’aller au cours des nombreux contrôles, alors que c’est la 2nde fois qu’on nous le demande sur le chemin du retour. Pourvu que nous ne nous fassions plus arrêter… je crains de nous rendre au centre de St Péterbourg en voiture, où le risque d’infractions et de contrôle se multipliera. je pense que nous allons cumuler les problèmes en sortant de la Russie : pas de certificat d’immigration de la voiture valide, et pas d’enregistrement sur leur ordinateur du véhicule à l’entrée en Mongolie (Dieu seul sait si ces ordinateurs communiquent entre l’Ouest et le Nord de la Russie). D’un autre côté, ils ne vont pas nous a garder éternellement bloqués dans le pays.
Nous avons néanmoins pris le temps de visiter le kremlin de Moscou et la place rouge. Avec le recul, avoir visité toutes ces villes de l’anneau d’Or avant Moscou était redondant pour des dilettantes comme nous, pas particulièrement intéressés par l’art russe ou la religion orthodoxe. Nous aurions du nous restreindre aux deux ou trois principales villes de l’anneau d’Or et Moscou. Néanmoins, le kremlin de Moscou où nous n’avons vu aucun office et où les touristes russes sont fondus parmi les étrangers, ne permet pas d’appréhender les sentiments religieux très profonds des russes, toutes générations confondues. Dans les villes de l’anneau d’or, les kremlins et églises sont en activité, la population déambule dans leur enceinte pour assister aux messes ou récupérer des documents administratifs.
Au sein de ce kremlin, les visiteurs étaient cantonnés à une seule zone touristique et il était même interdit de marcher sur la rue où aucune voiture ne circulait. Des plantons étaient postés le longs de ces rues et dont le rôle étaient de siffler les passants posant un pied sur le goudron.
Après tous ces évènements, nous terminons la soirée avec un bivouac dans un endroit à l’écart de la route. Quelques camions circulent car il semble y avoir une carrière au bout de la petite route près de laquelle nous campons. Etrangement, plus la nuit tombe, plus la circulation s’intensifie…nous réalisons un peu tard que nous sommes sur le site d’enfouissement des déchets de la ville de Moscou (alors qu’aucune odeur ne le laissait supposer) : les camions poubelles ont défilés toute la nuit !!
Jeudi 20 août – 613 km – Destination atteinte : Russie – proche St Pétersbourg – 20936 km tot
Journée de route, bien occupée à la lecture du comte de Monte Cristo (version condensée pour lecteurs russes, mais non moins passionnante). Nous avons évité tout contrôle de police, Didier restant bien posté derrière les camions afin d’éviter d’être pris au flash russe par la police.
Le soir, nous arrivons à proximité de St Pétersbourg.
Vendredi 21 août – 120 km – Destination atteinte : Russie – St Pétersbourg – 21056 km tot
Visite de Petrodvorets, palais de Pierre le Grand, appelé le « Versailles Russe », mais beaucoup plus modeste que notre château français.
Comme sur tout les sites touristiques, nous devons nous imposer face aux russes qui veulent tous se faire prendre en photo devant les monuments, fontaines, canons ou églises…une vrai manie qui en devient même risible lorsque les filles se prennent pour de vrais stars, posant en top models devant le canon ou la cloche d’un kremlin. Elles se promènent à deux copines ou avec leur fiancé, et le but n’est pas de visiter le lieu mais bien de se constituer un book. Une fois les starlettes évincées, nous devons encore faire face aux photos de mariés…et ici, on se marie tous les jours de la semaine et les photos ont lieu à toute heure. Les mariés, les témoins, la famille, ce sont des cortèges entiers de personnes qui se déplacent, le verre à la main, arpentant parcs, ponts et autres lieux stratégiques que je pensais réservés aux touristes que nous sommes, nous pénalisant dans notre tache quotidienne de prise de photo souvenir, sans même nous dédommager d’un petit verre pour se faire excuser. Mais pas de regret, ce n’est pas du champagne.
Le soir, on joue de malchance avec un restaurant très moyen où le service est déplorable (les plats chauds sont servis froids et le pain arrive lorsque nous avons terminés de manger)…nous finissons vraiment par penser que c’est le standard russe.
Samedi 22 août – 50 km – Destination atteinte : Russie – proche St Pétersbourg – 21106 km tot
Visite du centre historique à pieds. Nous renouvelons note stock de bouquins français dans la plus grande librairie de la ville : nous sommes parés pour parcourir encore quelques milliers de kilomètres.
Nous avons passé au moins une heure sur un pont situé face à l’église du Saint Sauveur-sur-le-sang, à admirer les tenues des mariées et leurs limousines faisant la queue de part et d’autre du pont pour attendre leur tour de passage aux photos…C’est apparemment un lieu incontournable pour la photo de mariage : les uns avec un lâché de colombes, les autres avec des pas de danse ; il y eu un plongeon du haut du pont, un montreur d’ours proposait son ourson de 5 mois pour des photos. Que d’animation et de spectacle !!
Le soir, alors que nous sommes perdus et terminons dans un ZI, sur une route non goudronnée alors que nous pensions rallier la route pour la Finlande, un véhicule de police s’approche pour un contrôle. Nous adoptons la stratégie d’Elisabeth et Jacques, demander notre direction afin d’éviter le contrôle…cela a bien marché : les policiers sont très étonnés de nous voir perdus aussi loin de notre route. J’aimerais les voir hors de leur ville, avec quasi aucun panneau de direction, et les seules indications rencontrées étant souvent soumises à interprétation : « tu le comprends comment ce panneau ? il faut aller tout droit ou tourner ?»…je n’aurais jamais pensé avant de venir dans ce pays que le travail de signalisation routière était aussi compliqué. Ici, j’imagine qu’ils ne se posent pas tant de question qu’en Europe. A moins que les automobilistes russes soient vraiment formatés comme ceux qui élaborent cette signalisation, c'est-à-dire pas du tout comme nous… Au final, nos chers policiers nous ont ouverts la voie comme à des officiels (sans le sirène, faut pas exagérer) et nous ont accompagnés sur plusieurs kilomètres pour nous remettre sur le droit chemin, pauvres brebis égarées que nous étions…mais c’est le loup qui s’est fait prendre car ils en ont omis de contrôler nos papiers.
Dimanche 23 août – 274 km – Destination atteinte : Finlande – proche Pluumata – 21380 km tot
Nous avons passé la frontière vers Lappeenranta (côté Finlande) et tout s’est passé sans encombre, en 2 heures de temps. Et les 2h ont été principalement passé dans la file d’attente à patienter que notre tour arrive. Les douaniers russes ont été charmants et ne nous pas reprochés de documents soi-disant non valides.
Nous découvrons la Finlande avec ses paysages vallonnés, ses maisons de bois colorées (principalement dans les ton de bordeaux – rouge terre de sienne), ses lacs omniprésents dans cette région (mais la zone entre St Pétersbourg et la Finlande présentait déjà de nombreux lacs), ses panneaux de direction non interprétables, ses villes avec les noms des rues bien visibles, les sites importants traduits en anglais, et ses habitants à bicyclette.
De nombreux camping cars finlandais sillonnent les routes.
Notre première étape a lieu a Lappeenranta où nous bous baladons autour d’une ancienne forteresse et du port.
Lundi 24 août – 201 km – Destination atteinte : Finlande – Savonlinna – 21581 km tot
Des lacs partout, au milieu desquels émergent de petites îles. Les abords plantés de conifères et bouleaux où sont posés des cabanons de bois (voire des maisonnettes assez coquettes), une barque amarrée au ponton. Des myrtilles et framboises sauvages poussent à profusion (on a bien tenté de convaincre Didier de nous faire de la confiture, mais il n’aurait soi-disant pas la casserole adéquate…). Les chemins débutent tous par une rangées de boites aux lettres (évitant au postier de s’aventurer plus en avant par mauvais temps). L’atmosphère est très reposante et propice au farniente. On s’y sent bien.
Les villes sont propres, les propriétés simples mais bien entretenues et fleuries, les vélos (moyen de locomotion très utilisé) non systématiquement cadenassés et les casques posés sur les guidons. Les gens sont accueillants et très cordiaux, parlants bien l’anglais. Ici, pas de policiers tentants de nous piéger. C’est vraiment les vacances détentes qui nous attendent pour notre dernier mois de vadrouille.
Mardi 25 août – 81 km – Destination atteinte : Finlande – Punkaharju – 21662 km tot
Petite croisière en bateau à vapeur de Savonlinna, après avoir dégusté du saumon cuit dans un pain noir aux céréales, encore tiède (14 h de cuisson aux dires de la cuisinière qui vendait sa production au marché).
A part cela, on bulle… On adopte le mode de vie scandinave, c’est à dire décontracté.
Ce soir, nous bivouaquons vers une zone baignade (elles sont systématiquement indiquées le long des routes et aménagées avec au minimum vestiaires et pontons, voire sauna et plongeoirs pour les moins isolées). Bien que l’air soit frais, et l’eau franchement froide pour nous, les jeunes finlandais se baignent à 20h00.
Depuis notre départ, je fais la lessive à la main, et la mère Berzat, elle en a un peu marre de frotter des jeans. En Russie, point de laverie. En Finlande, alors que je pensais trouver des laveries à profusion comme en France, ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, nous avons terminé dans une sorte de pressing (le seul de la ville) attenant à un sauna, dans lequel j’ai pu remettre notre linge qui fut lavé dans une machine immense (nos 4 garde robes complètes de voyage n’en remplissaient que le quart) et séché pour 20€, ce qui est légèrement supérieur à mon tarif habituel... Apparemment, les particuliers utilisent ces structures pour leurs tapis. Mais ce soir, nous découvrons près de notre bivouac six grands bacs en inox avec planches en bois, une machine avec 2 rouleaux pour essorer le linge (en l’occurrence, les tapis ici), et des étendages type industriels. Cela va être le luxe pour la mère Denis que je suis devenue. Je vais enfin pouvoir faire la lessive debout (au lieu de frotter à croupie, la cuvette au sol, ou de piétiner mon linge pieds nus toujours dans ma petite cuvette). Et l’eau courante pour le rinçage…il n’y aura qu’à ouvrir le robinet. Nous sommes surpris que de telles structures collectives soient mises à disposition. C’est un signe qu’il n’y a aucune tentative de dégradation, aucun risque que les utilisateurs laissent les robinets ouverts…Un profond respect de ces équipements.
Victorin et Yzeult se détendent sur l’aire de jeux qui jouxte la zone baignade. Ces aires sont nombreuses ici et bien entretenues.
Mercredi 26 août – 315 km – Destination atteinte : Finlande – Kuotio – 21977 km tot
Marche dans la région de Punkaharju où le lac n’est jamais très loin. Nous prenons la route dans l’après midi pour aller plus au Nord, à Kuotio, et atteignons notre destination à l’heure du dîner. Nous faisons donc une halte dans le plus ancien restaurant de la ville, spécialisé dans la cuisine de corégones. Un couple de clients d’une cinquantaine d’années nous montre leurs plats, ce qui nous aide à faire notre choix (et oui, ils peuvent être frits, cuits en sauce, fumés…). Alors que Didier et moi échangions sur la courtoisie des habitants de ce pays, ce couple quitte le restaurant en nous faisant un signe amical. Nous nous étonnons ensuite de voir la patronne nous servir quatre desserts. Le menu inclut-il les desserts ? Ou alors s’agirait-il d’une erreur ? La réalité est tout autre, et nous n’aurions jamais imaginé une pareille délicatesse. Les clients qui nous avaient montré leurs plats, et avec lesquels nous avions échangé que quelques mots (leur table était située derrière la notre) nous avaient commandé et offert les desserts avant de quitter l’établissement!!! C’étaient des clients de passage, et nous n’avons aucun moyen de les remercier.
Jeudi 27 août – 151 km – Destination atteinte : Finlande – Sukeva – 22128 km